LBSNDD : le blog sans nom de dimitri

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mercredi 9 avril 2008

JO Pékin 2008 : boycott ou renouveau ?

Les malheurs de la flamme auront-ils une incidence sur la suite des événements ? Parcours écourté de cette opération de communication instaurée par un grand démocrate ? Pourtant la journée du 7 avril à Paris a été l'occasion de mettre en valeur des athlètes méconnus, tout de bleu vêtus, pilote d'autobus ou encore mal voyant, au point de porter une flamme sans flamme... C'est dommage, mais la flamme n'est pas prête de passer en Belgique.

Non, je ne pense pas que toutes les actions entreprises[1] par les opposants aux JO aient un quelconque effet sur la tenue de ces derniers, et des suivants. Alors, pourquoi ne pas innover ? Voici quelques idées de nouveaux sports à l'attention des membres du CIO :

  • lancer de boulettes de papier (prévoir stock de déclarations des Droits de l'Homme)
  • course de chars
  • lancer d'ouvrier usagé (10 ans d'âge)
  • tir à l'arc avec pour cible des bébés de sexe féminin
  • épreuve spéciale au Tibet : course de traîneaux avec attelage composé d'opposants politiques

Mais je vous l'avais déjà dit, il nous faut tous aimer les jeux mes frères !

Notes

[1] Ce ne serait d'ailleurs pas du goût de bon nombre d'entreprises dont les actions ne sauraient souffrir de si menus détails. Ah, mais suis-je bête, ce n'est que du sport.

samedi 3 février 2007

Tout ce que l'homme fait sous le soleil doit être brevetable

Tout ce que l'homme fait sous le soleil doit être brevetable : petite histoire des monopoles d'invention et de leurs controverses, de l'antiquité au XXe siècle, un livre de Catherine Tréguier.

Les inventions ont toujours été enjeu de pouvoir : au-delà de la pertinence de l’inscription officielle du travail d’un inventeur, le brevet d’invention s’est trouvé objet de luttes d’influences entre monopoleurs/capitalistes et partisans d'une société plus libérale, ou d'une société fondée sur une dynamique d'échange. Cette étude historique traite de l'origine, de la fonction, et des effets pervers des « monopoles exclusifs » ; elle retrace leur inexorable extension à toute ressource, technique, méthode ou découverte susceptible de générer des profits industriels, et les stratégies progressives des monarques, états et industriels pour se les approprier.

L'approche choisie est celle d'une enquête journalistique : les informations pointues et pertinentes ne sont pas assénées mais proposées avec le sens d’une érudition fruitée et celui d’une chronologie éclairante. Cette somme propose de manière détaillée et analytique une approche d'un mécanisme politique et économique méconnu, et trace en filigrane l’histoire du développement du capitalisme et de l’ultralibéralisme. Elle sera suivie d’un tome second couvrant la période contemporaine et ce que l'auteure qualifie d’« endocolonisation du vivant » par l'appropriation sytématique des ressources immatérielles que sont les briques de base du vivant , les constructions atomiques et bien sur les logiciels et les savoirs humains.

Tome premier de « Tout ce que fait l’homme sous le soleil doit être brevetable : petite histoire des monopoles d’invention et de leurs controverses, de l’Antiquité au XXe siècle » de Christine Tréguier. L’auteure est journaliste notamment à « Politis et a traduit plusieurs ouvrages états-uniens de l’anglo-américain au français, dont la TAZ. Le livre comporte 146 pages et est vendu 14 €. Sa couverture couleur est cartonnée. Pages intérieures sur papier Bouffant 80 gr/m2. L’ouvrage comporte un entretien avec l’auteure. Il sera également mis en ligne sous licence Creative Commons.

Le prix de la souscription est fixé à 12 € jusqu’à la sortie du livre.

Pour souscrire il vous suffit de renvoyer le bulletin adéquate.

jeudi 1 février 2007

Ce soir on éteint tout !

Ne pas oublier, ce soir, de participer à cette manifestation originale[1] dont vous êtes forcément au courant (le but étant de ne plus l'être pendant 5 minutes).

Donc, ce soir, 19h55, blackout total sur la France !

Ce qui m'amène cette réflexion. Pour un particulier comme moi cela revient à ne pas allumer les appareils qui pourraient se trouver en activité à cette heure-là (radio, PC et ses accessoires comme les enceintes). Donc finalement pas de différence par rapport à quand je ne suis pas chez moi.

Et bien non, je ne laisse rien en veille. En fait, je ne laisserais rien en veille si j'avais des appareils équipé de tels procédés énergivores. Pour être sûr que le PC ne consomme pas le moindre watt pendant que je ne l'utilise pas[2] rien de tel que la multiprise à interrupteur. Hop, un coup sur le bouton et tout est coupé.

Le chauffage ? Même pendant la semaine (3-4 jours en fait) d'hiver je ne l'ai pas allumé. Alors maintenant que le printemps est là... Un avantage à ne pas habiter dans le nord...

Reste le frigo et le congel... bah, personne n'est parfait.

Et vous, vous continuez à laisser vos appareils en veille ? Vous aimez les factures d'électricité salées ?

Mise à jour post-blackout à 1 % : c'était bien essayé. Ce qui me conforte dans l'idée que l'effort (enfin tout est relatif), ou plutôt la réflexion doit se faire au quotidien, avant de devenir une habitude qui changera vraiment quelque chose.

Notes

[1] J'ai pas de lien à vous proposer, vous savez sûrement utiliser un moteur de recherche.

[2] Ben non, il ne fonctionne pas 24h/24, faudrait pas me prendre pour un geek quand même !

lundi 27 novembre 2006

Paroles politiques

Si l'on n'écoute que les grandes radios bien établies (et probablement la boîte à images, mais cette dernière n'emcombrant plus ma vie, je ne saurai que supposer), on pourrait penser que la présidentielle ne se jouera qu'entre deux partis, comme aux États-unis. Et si l'information de qualité, variée venaient de l'action de non professionnels des média ? Voici encore quelques exemples qui montrent que l'adjectif professionnel a perdu de sa valeur.

Note : ces nouvelles ne sont plus très fraiches, mais publier tardivement permet de faire vivre les infos plus longtemps... Ou comment trouver une excuse boîteuse au fait que je ne publie pas souvent comme me le fit remarquer Sophie.

samedi 18 novembre 2006

20 minutes avec Marie-Georges

Marre d'entendre toujours les mêmes ? Vous aussi vous trouvez que les média nous pompent avec les guéguerres internes du PS et de l'UMP ?

Heureusement Annie, que certains avaient accusés d'être de connivence avec Sarko du fait de sa participation à l'université de l'UMP en tant que podcasteuse, Annie donc, nous gratifie cette semaine d'une interview avec Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du parti communiste français. À écouter absolument, même si vous n'êtes pas militant communiste, ne serait-ce que pour la pluralité des discours politiques et pour se rendre compte qu'il y a autre chose que Ségolène.

Marie-Georges Buffet : chef du Parti Communiste Français podcastée sur Meltingtalks

mardi 13 juin 2006

DADVSI, histoire d'une atteinte aux libertés des citoyens

L'ami Rosaire a écrit un article (dont je retranscris ici l'introduction) relatant toute l'histoire du projet de loi DADVSI en le rapprochant d'un dispositif technique, TCPA[1], en passe d'être imposé sur nos ordinateurs.

DADVSI, l'écran de fumée du droit d'auteur

Depuis la fin de l'année 2005 on entend parler dans le grand public et les médias d'une loi concernant « le téléchargement », le « piratage », le « peer to peer », la copie privée, et d'autres choses encore. On a même entendu parler de réforme du droit d'auteur. Cette énumération révèle que cette loi censée régler le problème du droit d'auteur face à l'Internet, devra en régler bien d'autres, et non des moindres, puisqu' ils risquent de remettre en cause des libertés fondamentales, la sûreté de l'État, etc. Le nom donné au projet de loi est DADVSI (Droit d'Auteur et Droits voisins dans la Société de l'Information).

Comment en est-on arrivé à ce projet pour le moins controversé ? En tentant d'éviter ses aspects les plus polémiques, essayons de retracer une histoire qui semble être à la base des affrontements actuels autour de ce texte.

Cela semblera sans doute paradoxal, mais le droit d'auteur sera à peine cité dans cet article, tant il apparaît à la découverte du dossier que c'est un aspect relativement secondaire de ce feuilleton. La loi actuelle légalise des agissements de pirates tels le « rootkit » de Sony et ouvre la voie à un possible contrôle de l'information tel qu'il se pratique en Chine.

S'il reste à adapter le droit d'auteur aux évolutions dues aux outils de l'Internet, on peut dire que le débat sur la loi DADVSI ne fût pas le véritable lieu de cette réflexion, bâclée, omettant des acteurs clés, privilégiant la grande industrie du divertissement, bref, un rattage étonnant. Par ailleurs, le prétexte du droit d'auteur a servi d'écran de fumée à une problématique autrement plus complexe et importante. Il semble clair que les véritables enjeux sont ailleurs, d'ordre économique et plus encore géopolitique avec en arrière-plan, l'enjeu fondamental qu'est la prise de contrôle des infrastructures informatiques de la planète.

Lire l'intégralité de « DADVSI, l'écran de fumée du droit d'auteur » (texte mis à jour par l'auteur).

Ce texte est également lisible sur le blog de Frédéric Dutoit, député de Marseille et ardant opposant à la loi DADVSI.

Notes

[1] Signifie : alliance pour une informatique de confiance. Voir la traduction française de la FAQ de TCPA

jeudi 4 mai 2006

À quand la guerre pour l'eau ?

Le prix du baril de pétrole augmente, l'économie s'inquiète, l'automobiliste peste... mais au fond toute cette agitation n'est-elle pas ridicule ? Le pétrole aura disparu d'ici 20 ans, peut-être 10. Cette augmentation exponentielle est inéluctable voire souhaitable. En effet, je me réjouirais de voir le baril atteindre les 150$ fin 2006 et pourquoi pas 500$ fin 2007 !

Mais le plus ridicule, on se prend la tête sur une ressource qui n'est même pas nécessaire à la vie. Réellement utilisé depuis 1885 (voir l'article de Wikipédia consacré au pétrole), le pétrole n'apporte qu'un relatif confort (n'oublions pas la pollution et les diverses nuances sur l'environnement qu'il entraine, sans parler des guerres).

En revanche, l'eau est une ressource vitale pour l'Humanité et certainement autant menacée que le pétrole. Or, nous ne pouvons pas nous permettre d'épuiser l'eau potable.

Jeremy Laurance a publié un article dans The Independant (traduit en français par Le Grand Soir) qui montre comment, par notre comportement, nous contribuons à la disparition de l'eau. Extraits.

« Au Kenya, les produits alimentaires cultivés pour l’exportation incluent la laitue, la roquette, les haricots, les petits pois et les brocolis. La production d’une simple salade de 50g consomme pratiquement 50 litres d’eau dans des pays où cette denrée est rare. Une salade mixte contenant des tomates, du céleri et des concombres, avec de la salade, nécessite plus de 300 litres d’eau. S’ajoutent à cela le nettoyage, le traitement et l’emballage. »

« Le commerce international des légumes et fleurs hors-saison représente du travail pour quelques uns et de la richesse pour une minorité. Mais pour tous ceux qui découvrent que l’eau de leurs terres a été extraite en amont par de grosses entreprises, cela représente de nouvelles difficultés et même des dégâts permanents à l’environnement. »

« Il y a quarante ans, la vision cauchemardesque présentée par des experts tels que Paul Ehrlich, biologiste à l’université de Stanford, dans son livre "The Population Bomb" était que la population augmentait si vite que la terre serait incapable de produire suffisamment de nourriture. Le désastre ne s’est pas produit grâce à un accroissement extraordinaire des rendements générés par d’énormes investissements en irrigations. Mais ceci a crée une autre menace. »

À lire : Le véritable coût d’une salade : vous payez 99 cts, l’Afrique paye 50 litres d’eau potable

Chacun d'entre nous peut contribuer à arrêter ce carnage. Arrêtons de consommer des produits qui ne sont pas de saison, qui viennent de l'autre bout du monde. Privilégions les producteurs locaux, et directement, c'est-à-dire, sans passer par la grande distribution qui impose des règles contraires à la nature : calibrage, couleur (d'où les tomates que l'on fait mûrir à l'acide pour que toute la production soit rouge le même jour, par exemple), utilisation d'eau en abondance pour laver les produits, qu'il paraissent beaux et que donc, le consommateur les achètent.

Il existe des initiatives favorisant les productions locales, comme les Amap, associations pour le maintien d'une agriculture paysanne. Le principe est simple : plusieurs adhérents sont associés à un producteur. Ce dernier apporte chaque semaine à chacun un panier de sa production de fruits et légumes. L'adhérent s'engage pour une saison entière (6 mois) et permet ainsi au producteur d'avoir un revenu constant. Le prix de revient d'un panier avoisinne les 20 euros et permet de nourrir une famille de quatre personnes pendant une semaine. Le producteur s'engage à fournir des produits de haute qualité (nutritionnelle, organoleptique, environnementale et sociale). Même s'ils n'ont pas forcément un label bio, la pratique est là.

jeudi 30 mars 2006

CPE, vivez la manif de l'intérieur

J'avoue avoir du mal à comprendre le but recherché par Villepin et Chirac[1]. Surtout Villepin. Des œillères pareilles ça relève du paranormal !

Mardi, dans les rues de Marseille, nous étions 250 000 et ce chiffre parait tout à fait plausible. Imaginez, une marée humaine s'étendant du Vieux-Port à la place Périer en passant par la Canebière, cours Lieutaud et la place Castellane. Un tel enthousiasme face à l'entêtement stupide du gouvernement fait plaisir à voir.

Si vous n'avez pas eu la chance d'aller à la manif, vous pouvez toujours vous rattrapper en écoutant le podcast d'Annie Viglielmo présente dans le cortège et qui nous fait revivre cet événement.

« Marseille, ville rebelle, Marseille ville exemplaire : 250 000 personnes dans la rue le 28 Mars 2006 contre le CPE et surtout pour une autre forme de vie en société…une police très discrète, un service d’ordre interne à la manifestation parfait, des milliers de lycéens, étudiants, salariés, parents, hommes politiques, individuels, tous les genres étaient présents : un très beau Meltingpod avec de la musique, des chansons, des slogans rythmés, des interviews avec des dizaines de personnes et des questions simples : “Qui êtes vous, pourquoi êtes vous là ?”…les seuls que j’ai reconnus parmi tous ces visages étrangers au demeurant fort sympathiques : Michel Vauzelle, président du Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur et Marie-Ange chanteuse lyrique dans le groupe de rock marseillais Léda Atomica !! »

Prévu en quatre partie, ça commence par le début.

Mise à jour : Baptiste Morin propose l'image en plus ! Regardez la vidéo de la manif et ne manquez pas la baignade des étudiants de Staps dans la fontaine de la place Castellane (au tiers de la vidéo).

Anecdotique, Sharon Stone se prononce contre le CPE et cela inspire le talentueux Maester : Basic Villepin.

Plus que jamais, ça sent le sapin présidentiel pour Villepin (via Daniel Glazman).

Enfin, visitez Stop CPE.

Notes

[1] L'opportuniste Petit Nicolas a bien compris où était son intérêt et se démarque afin de ne pas sombrer avec le navire. Attention à lui, il plus malin que les autres.

mercredi 8 mars 2006

Coupe du monde de football et traite des femmes

Acheter du sexe n'est pas un sport. Dites non à la prostitution des femmes pendant la coupe du monde de football en 2006.

Du 9 juin au 9 juillet 2006, 12 villes allemandes accueilleront la coupe du monde de Football. 36 millions de spectateurs environ - majoritairement des hommes - sont attendus ; et l’on estime à 40 000 le nombre de femmes « importées » d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est vers l’Allemagne pour les « servir sexuellement ».

Lisez le texte de la pétition du CATW. Pour signer, c'est par là.

Read next

mercredi 1 mars 2006

DRM, car nous sommes tous des délinquants

Lu sur Les moutons mécaniques rêvent-ils de pâturages bio ? un très bon billet sur les DRM. Il y explique comment fonctionne techniquement un DRM (celui de Microsoft en exemple), les contraintes que cela implique pour l'utilisateur en rappelant le danger que représente un format fermé (notamment, le problème de la pérennité des fichiers numériques). Il remarque la mutation de la possession d'un disque en un droit d'écoute octroyé et contrôlé par licence. Enfin il transpose l'usage des DRM à l'automobile (emphase forte d'origine) :

« Sortons maintenant un peu de la technologie et imaginons un gouvernement qui déciderait d'imposer à toutes les automobiles un système de radio-surveillance. Un tel système vérifierait votre permis, votre vue et votre alcoolémie avant de vous laisser démarrer. Ensuite il enverrait en permanence à un central le détail de vos déplacements, votre vitesse ou le nombre de personnes présentes avec vous. A tout moment, les serveurs, s'ils le jugent nécessaire, peuvent arrêter la voiture, la faire se garer et vous obliger à rentrer à pied. Et ceci dans le but de réduire le nombre de morts sur la route. Je ne sais pas pourquoi, mais je gage que si un tel gouvernement osait ne serait-ce qu'évoquer une telle possibilité, le bon peuple en conclurait rapidement qu'on le considère comme de potentiels meurtriers du volant et tout le monde serait bien vite dans la rue. Attention, je ne parle pas d'un radar qui constatent une infraction, mais d'un système intégré dans votre sphère privée qui vous contrôle en permanence et agit de manière préventive sur vos libertés ! »

DRM, car nous sommes tous des délinquants

samedi 18 février 2006

ANPE, flicage, censure et fiasco financier

Le chômage n'en finit plus de baisser depuis l'arrivée de Villepin à Matignon, apprend-on dans une large majorité de média (même Libé). Cela veut-il pour autant dire que tous les chômeurs qui disparaissent des statistiques trouvent un boulot ? Quand les média crient d'une même voix avec le pouvoir, ça sent forcément l'arnaque.

[...] si pour octobre on comptait 21 700 chômeurs de moins qu’en septembre, on dénombrait aussi 188 709 radiations pour le même mois (151 537 pour absence au contrôle, 37 552 pour fin de droits) [source : Ministère de l'emploi]. Autrement dit : non seulement le chômage ne baisse pas, mais il augmente largement. Pour faire croire l’inverse, il suffit de réduire à néant les dizaines de milliers de chômeurs soudain privés d’allocs ou radiés pour indiscipline. C’est gros, mais ça passe. -- Mathieu Bouchard, CQFD n°29.

Dans le numéro 30 (janvier) de CQFD on apprend donc que la répression est de mise pour aboutir à un maximum de radiation. La direction met la pression sur ses employés pour qu'eux-mêmes la fasse subir aux allocataires (lire aussi Anthologie du flicage des chômeurs). Un agent ANPE témoigne, sous couvert d'anonymat, de cette situation.

On a donc mis en place un système dit de diagnostic partagé, qui consiste à dire au chômeur qu’on va se mettre d’accord avec lui sur telle ou telle démarche qu’il aura à faire. En réalité, il n’a pas vraiment le choix. Mais dans nos conclusions d’entretien, on va mettre qu’il partage la décision, avec des formules du genre : « Vous vous engagez à... Nous tombons d’accord que... » Des consignes très précises nous ont été données à ce sujet. Tout doit être saisi en informatique. Le but étant de mouiller les gens pour qu’ils ne puissent pas contester les décisions. C’est une mécanique bien pesée. -- Olivier Cyran, Le contrôleur controlé, CQFD n°30.

L'anonymat est de mise lorsque l'on critique l'ANPE de l'intérieur.

Les Voltaire d’opérette ont rudement raison : les temps sont durs pour la liberté d’expression. Le 28 janvier, un conseiller ANPE de Saint-Nazaire était embarqué menottes aux poings pour avoir commenté sans tabous les incendies qui venaient de frapper plusieurs ANPE. Chômeurs et ceux qui les contrôlent : vos gueules ! -- Nicolas Arraitz, Olivier Cyran, Pas de blasphème à l'ANPE, CQFD n°31.

L'informatique occupe une place importante dans cette quête de résultats.

Les conclusions d’entretien sont stockées pour des années dans la mémoire informatique de l’ANPE. Sur la durée, cette « traçabilité » peut faire apparaître des incohérences dans les engagements du chômeur. Dans ce cas, malheur à lui... Et puis il y a les erreurs. Il arrive assez souvent, par exemple, qu’on oublie d’appuyer sur la touche « validation » à l’issue de l’entretien. Le demandeur d’emploi sera alors automatiquement classé comme n’étant pas allé à la convocation, avec tous les risques de sanction que cela implique. Les agents sont débordés, il nous arrive souvent de faire des erreurs. L’ennui, c’est que l’outil informatique les rend difficiles à détecter et plus difficiles encore à contester. -- Le contrôleur controlé.

Cependant, l'ANPE se garde bien de communiquer sur ses déboires informatiques. L'affaire du logo à 2,4 millions d'euros (qui ressemble un peu voire énormément à celui de l'entreprise italienne de luminaires Reggiani) était déjà scandaleuse en son temps. On apprend à l'automne dernier que le nouveau directeur de l'ANPE décide de suspendre le programme Géode, sans préciser le coût dudit programme. Géode c'était surtout de belles promesses pour que l'ANPE puisse se démarquer de l'Unédic en ayant son propre logiciel de gestion des demandeurs d'emploi (une base de données avec une interface adaptée au métier).

Mais très vite, tout part en sucette. Recrutée par appel d’offre, l’entreprise Atos, conceptrice du joujou, s’avère d’une rare incompétence : non seulement elle omet d’anticiper l’arrivée d’Internet, mais il lui faudra sept longues années d’efforts pour accoucher d’une usine à gaz tout droit sortie des forges soviétiques. [...] Dans le Limousin et en Poitou-Charentes, où l’ANPE teste son boulier à chômeurs, le succès est énorme : pétages de plombs, déprimes, blocages, grèves... Huit agents sur dix bidouillent pour zapper l’application. -- Léa Sédik, L'ANPE radie même son logiciel, CQFD n°30.

Le prix du bouzin ? Oubliez le logo, c'était une pécadille à côté... 22,8 millions d'euros !. À la poubelle...

« Le risque est grave de voir les médias s’emparer de cette affaire et de la décrire comme un scandale financier », prévient en juin 2005 un « ancien » de la mission Géode dans le journal du syndicat national de l’ANPE. -- L'ANPE radie même son logiciel

Outre l'aspect proprement scandaleux de l'affaire, on peut (on doit même !) la rapprocher de l'objectif que c'est fixé l'Adullact, à savoir que l'argent public ne doit payer qu'une seule fois pour un logiciel, et que ce logiciel doit être libre pour être utilisé par tous.

La volonté de l'ANPE d'abandonner Aladin (le logiciel de l'Unédic) pour créer Géode remonte à 1997. À cette époque les logiciels libres étaient quasiment inconnus. Mais l'on voit bien ici que ce gouffre financier aurait pû être évité si Aladin avait été libre. Je ne sais pas si Aladin appartient à l'Unédic, ni s'ils auraient la possibilité de le passer en libre, mais un tel fiasco doit aujourd'hui être évité, et cela doit passer par une utilisation des logiciels libres.

Si avec tout ça je ne suis pas radié... bah, au moins, j'aurai des arguments lors de l'entretien.

mardi 14 février 2006

Pourquoi il faut aimer les Jeux olympiques

Si comme moi vous aimez les Jeux vous ne pourrez qu'apprécier. Sinon, lisez quand même ces quelques extraits, ça ne peut que vous faire du bien.

« Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts. » Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques, in « Education anglaise ».

« La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau » Pierre de Coubertin, « Les assises philosophiques de l’Olympisme moderne ».

« Au mois de novembre, la police a reçu le droit de déplacer, « avec l’emploi raisonnable de la force », toute personne qui pourrait être « une nuisance ou un ennui » - la définition de ces termes restant à l’appréciation des forces de l’ordre. [...] « Pendant les Jeux, les centres spécialisés ne pourront pas loger plus de 10 % des SDF de Sydney. Tous les hôtels de la ville ont déjà été réservés par les autorités et le comité d’organisation des Jeux ; 25 000 SDF ne pourront donc trouver de toit ». Tristan de Bourbon, L’Humanité du 24 février 2000.

« La piste de bob pour les Olympiades de 2006 sera construite sur le territoire de la commune de Cesana T. [...] Cette bande de ciment de 1400 m de long détruirait une forêt de mélèzes et un alpage. À plusieurs endroits, cette structure ferait plusieurs mètres de haut et constituerait ainsi une sorte de « digue ». Les 48 tonnes d’ammoniaque qui couleraient le long de la piste pour la refroidir sont également préoccupantes. [...] Le coût prévu de la piste de bob de Cesana est déjà passé de 35 à 55 millions d’euros ». La Stampa du 16 novembre 2002.

Pourquoi il faut aimer les J.O.

PS : non, pas de lien vers le site des J.O.

vendredi 23 décembre 2005

DADVSI : des liens pour comprendre

Le projet de loi sur le Droit d'Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l'Information (DADVSI) était à l'étude à l'Assemblée nationale du 20 au 22 décembre. Voici une compilation de liens sur le sujet.

Graver ses propres compilations à partir d'un CD, extraire son morceau favori pour l'écouter sur son ordinateur, le transférer vers un baladeur MP3, prêter un CD à un ami, lire un DVD avec un logiciel libre ou bien le dupliquer pour en disposer à la fois chez soi et dans sa maison de campagne : autant de pratiques très répandues, et parfaitement légales, que le gouvernement propose de proscrire de fait. (extrait de Quel est le problème ? sur le site du collectif EUCD.info qui milite depuis décembre 2002 contre la directive européenne EUCD, ici en cours de transposition en droit français).

Et ce n'est pas fini ! Dans les conditions, indignes d'une démocratie, dans lesquelles se sont déroulés les débats (vote en urgence à la veille des fêtes afin de limiter le nombre de députés présents, tentative d'influence de Virgin, cautionnée par le ministre de la Culture, nouveaux amendements soumis aux députés le jour même des débats, demande du ministre de revoter deux amendements qui ont été rejetés contre sa volonté, etc.), le vrai débat est reporté au mois de janvier.

mardi 27 septembre 2005

Soit précaire et tais-toi !

Charmante citation dans le Figaro (non, je ne le lis pas) du 30 août relayée par CQFD :

« La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

Devinez qui en est l'auteur.

jeudi 7 juillet 2005

Non et non

Deux bonnes nouvelles ce mercredi 6 juillet :

  • Les brevets logiciels c'est fini, du moins pour l'instant car rien n'empêche les pro-brevets de remettre le couvert dans quelques années, mais de l'eau aura coulé sous les ponts et les logiciels libres auront conforté leur présence dans les administrations et les entreprises.
  • Paris et la France n'auront pas à subir la messe commerciale des JO de 2012 aux relents douteux. L'esprit sportif des jeux est mort il y a bien longtemps. Il serait temps de s'en rendre compte et d'arrêter la mascarade qui conduit à engloutir des sommes faramineuses pour envoyer 200 personnes faire les beaux dans un pays récemment ravagé. Il y avait peut-être plus judicieux à faire...