LBSNDD : le blog sans nom de dimitri

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jeudi 29 novembre 2007

Golden Laptop

Certains reçoivent un golden parachute en quittant leur emploi... moi j'ai eu un golden laptop, massif bien sûr !

Tour d'horizon de la bête...

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mardi 27 février 2007

Quand la vie est trop courte

Les circonstances de la vie font que l'on perd de vue certaines personnes avec qui l'ont a bossé. On peut trouver diverses raisons à cela, des excuses pour se rassurer.

Même si je culpabilise depuis pas mal de temps là dessus, aujourd'hui j'en prends vraiment conscience. Dimanche matin un cancer a emporté Jean-Michel Hervé, alias Tuo avec qui j'ai travaillé pendant un an chez Lankhor.

Programmeur acharné et passionné, il avait toute la vie devant lui.

Et merde...

samedi 10 février 2007

Des livres (libres) dont vous serez les héros (libres aussi)

Les « livres dont vous êtes le héros », vous vous souvenez ? Des livres racontant une histoire dans laquelle des choix vous sont proposés. Les paragraphes sont numérotés et l'on vous propose, par exemple, à la fin de l'un d'eux :

Après avoir suivi le chemin dans les sous-bois vers le nord vous arrivez à une clairière. Un nouveau chemin s'enfonce dans la forêt vers le nord. Un sanglier se tape un festin avec un tas de glands. Vous êtes dans le vent, il ne vous a ni senti, ni entendu. La faim vous tenaille et vous craignez que votre ventre ne trahisse votre présence.

  • Vous vous approchez doucement du sanglier pour tenter de l'amadouer, allez au 123.
  • Vous avez un arc et il vous reste au moins une flèche. Si vous souhaitez en user, allez au 17.
  • Vous maîtrisez le sort « Boule de feu » et vous rêvez d'un sanglier rôti, allez donc au 201.
  • Vous avez une épée et voulez tenter une charge, courrez au 178.
  • Vous tentez de joindre le chemin à l'opposé de la clairière au pas de course en espérant que le sanglier ne s'aperçoive de rien, allez au 289.
  • Vous restez immobile en attendant que le sanglier s'étouffe/meure de vieillesse/vous invite à partager sa pitance, allez au 99.
  • Vous rebroussez chemin en expliquant à votre ventre que ça va pas être possible, allez au 348.

J'en ai passé des heures à lire ce genre de romans étant plus jeune. Je me souviens notamment de la série « Loup Solitaire » dont l'univers était particulièrement travaillé.

InLibroVeritas, éditeur de littérature équitable, cherche des auteurs pour publier ce genre délaissé de livres, sur papier comme sur écran. Et sous licence libre s'il vous plait ! Une bonne idée à concrétiser quand j'aurai un peu de temps...

Cherche auteur(s) pour projet de livres - Blog InLibroVeritas

Pour ceux qui comme moi se passionèrent pour les aventures de Loup Solitaire, vous pouvez retrouvez une grande partie de la série sous forme numérique sur le site du projet Aon, ainsi que des ouvrages annexes décrivant l'univers du Magnamund.

samedi 30 décembre 2006

What is it ?

De retour de vacances où j'ai pris cette photo. Je précise tout de suite qu'elle n'est pas retouchée avec Gimp (ni avec autre chose que je n'oserais toucher). J'adore les couleurs qui ont été restituées presque fidèlement avec mon vieux Fuji.

À votre avis c'est quoi ? Y a rien à gagner. Même pas ma gratitude.

samedi 16 septembre 2006

Le chômeur est-il coupable ?

J'ai découvert le blog de Swâmi Petaramesh il y a peu grâce à son billet plein de finesse sur les supporters de foot relayé par rezo.net. Depuis je prends plaisir à lire ses billets dont la plume est précise et directe.

Hier il a écrit La seule chose dont je suis incapable où il dévoile ses craintes face au chômage. Je voulais d'abord poster un commentaire, mais finalement, ce sera un trackback.

Cher Swâmi Petaramesh, oh que je comprends tout ce que tu racontes et abonde dans ton sens...

Une certaine mentalité ambiante, à commencer souvent par les proches, tend à culpabiliser le chômeur. Le chômeur est considéré comme un rebut de la société.

Ma première période de chômage est été particulièrement difficile moralement (comme pour la plupart des gens j'imagine). Je me suis retrouvé du jour au lendemain à tourner en rond dans mon appart, à ne rien faire, et à culpabiliser le soir de n'avoir rien fait de ma journée. Cette période de chômage faisait suite à la période idyllique de mon premier boulot dans le jeu vidéo où j'ai vécu une expérience que très peu d'entreprise en France, voire dans le monde serait capable de procurer. C'est simple, nous formions une vrai famille, où le social passait bien avant la productivité. Il n'était pas rare de passer deux heures le matin à la machine à café pour discuter de tout, de rien, de problèmes personnels, mais finalement très peu de foot et de loft story (à l'époque y avait pas encore la starcaca). Et le pire, malgré tout ce temps à « ne rien glander » nous étions très efficaces, certainement plus que dans une entreprise classique à gestion autoritaire. Tout simplement parce que nous étions bien dans notre peau.

Malheureusement la boîte a fermé pour d'autres raisons que notre mode de fonctionnement. Pour info cette boîte s'appelait Lankhor (merci à Fred pour continuer à en faire vivre le souvenir).

Avec quelques collègues nous avions comme projet de remonter une structure du même goût que celle qui venait de s'effondrer sous nos yeux. Mais la motivation s'est affaiblie avec le temps, nous étions entrés dans le moule du chômeur, tel que le dépeint notre gouvernement. Pour nous tous, même les plus anciens, c'était la première expérience. À l'époque nous étions sous le régime du Pare, instauré par le gouvernement Jospin, beaucoup moins contraignant que la machine à radier actuelle qui impose un contrôle par mois. Mais cela n'empêchait pas ce sentiment de culpabilité, potentialisé par notre entourage, inquiet de cette situation particulière où nous étions. Des divergences sont apparues dans nos projets et nous les avons finalement abandonné, avec toutefois l'espoir que ce ne soit pas définitif. D'ailleurs, j'y crois toujours un peu. L'heure viendra.

Chacun est parti plus ou moins de son côté et c'est comme ça que je me suis retrouvé à gérer le magazine Linux Pratique. J'écrivais déjà dans Linux Magazine France depuis la fin de mes études lorsque Diamond m'a fait cette proposition. Il était pour moi hors de question d'aller travailler en Alsace et je l'ai bien précisé dès le départ. Pas de problème pour travailler à distance, je passais juste pour le bouclage. Je travaillais donc dans le même lieu où je tournais en rond pendant le chômage. Hormis ce détail, je pense qu'il est très difficile de travailler chez soi, en tout cas pour moi. Socialement parlant, c'est pas terrible. J'ai donc connu des hauts et des bas en travaillant pour Diamond, où les méthodes de travail étaient assez éloignées de ce que j'avais connu à Lankhor. Mais finalement peut-être dans la moyenne des boîtes françaises... à vrai dire je ne sais pas et je m'en fous.

Le malaise n'a pas tardé à venir avec l'éventualité d'aller voir ailleurs. Finalement, je suis parti sans porte de secours, c'est-à-dire, retour à la case chômage. Avec les quatre premiers mois à blanc (et oui, la démission c'est mal vu par les Assedics). Mais finalement, j'étais assez serein, même très serein. Je quittais un boulot qui ne me convenais plus et j'allais pouvoir respirer, faire des choses qui me plaisaient sans pression. Non, au début je ne pensais même pas à retrouver un boulot.

C'est comme ça que je me suis retrouvé à coorganiser le salon Game Over sur les jeux vidéo tournant sous Linux. Et franchement, je me suis bien éclaté dans cette expérience purement bénévole.

L'échéance des quatre mois à blanc arrivant, avec la nécessité de monter un dossier pour enfin toucher quelque chose, j'ai bien répondu, pour la forme, à quelques annonces envoyées par l'ANPE (forcément en bois tellement leur classification couvre tout et n'importe quoi), mais aussi des annonces sérieuses. Plusieurs copains m'ont suggéré que je devrais me lancer dans l'administration système.

C'est comme ça que je me retrouve à bosser avec un statut précaire (CDD reconduits, salaire inférieur à ce que je toucherais si j'étais resté au chômage) mais dans une situation plus qu'agréable à vivre : des collègues formidables, pas de pression stupide et débile de la part de supérieurs (situation dûe à mon chef qui a su, dès le début, instaurer une relation de respect envers le service informatique, ce qui n'est pas le cas partout). En gros, je me sens bien, et ça vaut tous les salaires de ministre.

Bilan

J'ai été un peu long mais voici un petit bilan. La deuxième période de chômage a été beaucoup mieux vécue que la première, malgré la précarité accrue entre-temps (gouvernement de droite oblige). Aujourd'hui, avec l'expérience (j'ose pas dire « avec l'âge ») j'ai appris à ne plus culpabiliser parce que je n'ai pas de boulot ou pas beaucoup d'argent. Car l'essentiel est dans le mental. Donc, ne pas croire l'imbécile de Premier ministre qui a dit un jour « je vais remettre la France au travail ». Ce gars-là n'a rien compris à la vie. Le suivant non plus d'ailleurs.

Certes, j'ai la chance de ne pas subir le harcèlement mensuel de l'Anpe, du fait que je ne sois pas compté dans les statistiques officielles, celles dont les pseudo-journalistes nous gratifient chaque mois. Certes, je n'ai que ma bouche à nourrir et la situation serait différente si j'avais des enfants. Ou pas. Je vous dirais ça le jour venu.

Enfin, je ne voudrais pas que certaines parties de mon expérience professionnelle paraissent plus noires. Je ne regrette absolument rien. Même lorsque je parlais de malaise à propos de mon passage chez Diamond, cette période fut déterminante pour la suite, pour ma façon d'aborder le chômage justement. Et je n'oublie pas je dois beaucoup à Denis Bodor en particulier.

Alors, dans le billet de Swâmi quelqu'un parlait d'une reconversion en boulanger. Pourquoi pas.

Quelques liens

Note

Comme Swâmi, je ne me suis pas relu, mais chez moi c'est une habitude. D'autre part, ici les commentaires sont modérés à priori (la flemme d'installer un captcha), donc ne vous excitez pas à poster plusieurs fois si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite. Faut que je file, j'ai une Ubuntu à installer chez des amis.

vendredi 18 août 2006

Le vent souffle dans ma vallée

En ce moment lorsque je pédale derrière un bus de la RTM cette affiche arborée au dos qui me donne des palpitations, voire des ailes (Moewe ?). Rââhh, je veux la même dans mon salon !

C'est grave docteur ?

Vous me conseillez une thérapie en six minutes ?

jeudi 6 juillet 2006

Ça mouille !

Enfin il pleut sur Marseille ! Même si je suis arrivé au boulot complètement trempé (forcément, à vélo en petite tenue d'été...), quel bonheur de sentir ces gouttes sur tout le corps !

Pas trop tôt. La dernière averse remonte à fin avril. Quand je pense à ces crétins de présentateurs météo qui considère les habitants du Sud-Est comme des privilégiés parce qu'il y a du soleil tous les jours... bande de gros nazes !

Rien à voir : je suis vraiment mauvais en prédiction... pourtant avec Villepin dans les tribunes la France ne pouvait pas gagner...

mercredi 14 juin 2006

Au détour du net

Comment titrer un billet plein de vrac sans l'appeler « En vrac ».

  • J'aurais pu l'écrire, j'avais même très envie de l'écrire, mais Swâmi Petaramesh le fait très bien : Tas de gros cons !
  • C'est quand même terrible d'avoir peur d'allumer la radio et de se faire agresser par cette mascarade qui pue le pognon et la chair humaine en batterie que certains osent encore appeler « sport ». Vivement que les débutants[1] se prennent la branlée et que les ondes soient un peu moins polluées.
  • D'ailleurs, dimanche dernier en manifestant pour une prise de considération du vélo dans Marseille, j'ai constaté que le portrait géant du « sauveur » avait disparu. Parait que c'est le mistral qui est à l'œuvre. Qu'elle est bien cette petite brise...
  • Donc, manif à vélo ce dimanche. Nous étions entre 700 et 1000 lors de notre petite boucle du David en passant par les deux Prado, rue de Rome, préfecture, rue Paradis, Vieux-Port avec un crochet devant l'hôtel de ville et retour à la plage du Prado par la Corniche. Réactions parfois énervés d'automobilistes qui continuent à ne pas voir que leur joujou contribue à notre perte à tous. Vivement la fin du pétrole.
  • Il est d'ailleurs alarmant de constater à quel point les automobilistes (pas tous mais une grande partie) ignorent et méprisent les cyclistes. J'en ai fait les frais la semaine dernière lorsqu'un automobiliste « ne m'a pas vu » alors qu'il s'engageait dans le rond-point où je me trouvais. Bilan, quelques bleus et un vélo foutu. Heureusement que ce n'était pas une arme de destruction massive. Là encore, j'ai envie de crier « Tas de gros cons ! ». Depuis, devenu plus méfiant, je me rends encore plus compte à quel point les automobilistes sont dans leur monde et ignorent tout de l'extérieur. La voiture (et ses dérivés) est une arme, qu'attendent nos gouvernants pour la traiter comme tel !
  • Et ce n'est pas l'abondance de technologies au volant qui va arranger les choses. En conclusion j'aurais plutôt écrit : « de nombreuses technologies visent à rendre les voitures plus intelligentes et le conducteur plus con ».

Mise à jour : vu chez Daniel ce logo de Wiligo arbore désormais la colonne droite de ce blog.

Notes

[1] Chez moi « bleu » est synonyme de débutant.

samedi 10 juin 2006

Changement d'adresse

Suite à mon déménagement, j'ai décidé de changer de FAI. J'abandonne donc Wanadoo ainsi que l'adresse dimitri-robert@wanadoo.fr connue de bon nombre de personne, y compris de spammeurs de tous poils. Vous pouvez toujours m'écrire chez point-libre.org avec l'identifiant d.robert.

Pour info j'étais parti pour prendre une Freebox, mais avec quelques hésitations quant à la fiabilité (hésitations basées sur les bruits nombreux et variés qui entourent Free). Finalement un billet d'Olivier Meunier a fini de faire pencher la balance pour Nérim. En effet, n'ayant pas besoin d'une grosse connexion (1024 en entrée et surtout 256 en sortie alors que beaucoup ne proposent que 128, me suffisent largement ; pour les CD de distrib Linux, il y a toujours Renater au boulot), ni des divers services que proposent Free (un moulon de chaînes de télé que je ne regarderai jamais, téléphonie illimitée que j'utiliserai si peu), je préfère payer le même prix, mais pour un service que je suppose meilleur (toujours ce fameux Vox Populi qui me souffle à l'oreille).

mardi 6 juin 2006

Troll

Qu'est-ce qu'un troll ? Dans la mythologie nordique, le troll est un être vivant dans les montagnes ou les buttes. C'étaient des géants incarnant les forces naturelles, au même titre que les Titans dans la mythologie grecque. À la base ils étaient considérés comme un peu naïfs. C'est l'Église chrétienne, dans son souci d'uniformiser les croyances, qui les fit devenir malfaisant (toujours cette nécessité d'opposer un bien et un mal) et leur donna une apparence monstrueuse (source Troll sur Wikipédia).

Ce portrait de monstre fut ensuite repris par les auteurs d'Heroic-Fantasy comme Le Seigneur des Anneaux.

Sa laideur, sa bêtise et sa méchanceté en ont fait le symbole des perturbateurs de forums sur internet et usenet, lieux où le troll désigne l'individu qui lance un débat stérile et houleux (« Windows ou Linux », « Vim ou Emacs », « Gnome ou KDE », etc.), ou le débat lui-même (source Troll (internet) sur Wikipédia).

Le troll fait donc partie du jargon de l'internaute, de l'informaticien et même du dessinateur comme l'illustre si bien Maester.

mercredi 15 mars 2006

DADVSI, à lire et écouter

mercredi 8 mars 2006

DADVSI, première journée (de deuil ?)

En ce moment même se discute à l'Assemblée nationale le projet de loi DADVSI. Mais les hostilités ont commencé lundi soir quand le ministre de la Culture retire l'article Premier, qui contenait les amendements ayant permis un pas vers l'adoption de la licence globale. Peur d'une nouvelle déculottée comme en décembre ? Ou arrogance « je fais ce que je veux avec la loi et je vous emmerde » à la Villepin ?

En tout cas, la première journée ne laisse rien présager de bon pour les défenseurs des libertés sur Internet, même s'il y a toujours quelques opposants dans la majorité (Christine Boutin, François Bayrou), les députés UMP semblent avoir été briefés et sont présents en nombre suffisant pour écraser toute contestation (lire DADVSI 2.0.1 (beta) : Un coup de gomme et ça repart et Confusion politique en première journée). La licence globale est finalement rejetée.

Je ne sais comment l'avenir va se dessiner, entre d'un côté une minorité dont la merde obscurcie la vue, refusant la révolution numérique et faisant tout pour préserver des privilèges économiques qui n'ont plus lieu d'être et de l'autre, le public, une majorité d'artistes (pas seulement des musiciens, j'insiste) qui ne veulent que partager et profiter de ce medium qu'Internet pour s'exprimer. Le bon sens l'emportera-t-il ?

« Pour Martine Billard, député Vert en faveur de la licence globale, le débat sur la licence globale reviendra nécessairement d'ici deux à trois ans, lorsque tous les acteurs auront compris l'impossibilité de maintenir sur le long terme l'esprit du projet de loi DADVSI. » Avant je l'espère...

À lire également Sauvons le Droit d’Auteur du député Frédéric Dutoit.

dimanche 5 mars 2006

Pourquoi le peer-to-peer est une technologie d'avenir ?

Le peer-to-peer (ou P2P) n'est pas :

  • un logiciel
  • une arme qui va tuer les artistes
  • une pratique assimilée à de la contre-façon

Il s'agit simplement d'une technologie de communication au même titre que le téléphone, le courrier postal, le modèle client-serveur qui régit la plupart des services sur l'Internet (Web, e-mail, FTP, SSH, etc.). Voyons en quoi cette technologie est différente du modèle client-serveur auquel nous sommes habitués, et pourquoi elle permet de s'affranchir d'une autorité de contrôle.

Ce qui suit est le début d'un article que j'avais écrit dans Linux Pratique n°22 il y a deux ans. La suite de l'article présentait les outils que l'on peut utiliser sous Linux et ne me semble pas essentielle dans le débat actuel.

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vendredi 3 mars 2006

Pour une licence globale

Je me lance à mon tour dans le débat sur la licence globale tant décriée par une frange réduite des artistes musiciens et ardemment défendue par nombre d'artistes, mais aussi de députés comme Frédéric Dutoit et Christian Paul (lire la lettre aux artistes cosignée avec Patrick Bloche et Didier Mathus).

Attention, ce qui suit est très partisan, c'est mes idées.

L'idée

Devant le constat que la technologie permet aujourd'hui de diffuser massivement à des coûts réduits et partagés par tous les maillons de cette diffusion (le principe du P2P est de partager les ressources, tant de bande passante que d'espace disque) je vois trois attitudes possibles :

  • Ne rien faire, laisser la situation telle qu'elle est : pourquoi pas, mais ça risque de coincer un jour ou l'autre et puis je pense qu'une majorité d'acteurs de ce débat souhaitent que cela change. N'oublions pas que dans la situation actuelle télécharger un film, une musique sans en avoir le droit est comparé à un acte de tuerie.
  • Réprimer pour endiguer le progrès technologique. L'Histoire montre que cette attitude est vouée à l'échec (invention de l'imprimerie, du téléphone, de la radio, des appareils de duplication, etc.). Au mieux ça pourrait marcher un temps sous une dictature...
  • Accepter le progrès et s'adapter pour que les acteurs nécessaires en sortent gagnants. Quitte à faire disparaître des maillons, des métiers devenus inutiles tels que les éditeurs de musique par exemple. À eux de s'adapter s'ils veulent continuer à exercer leur activité. La licence globale est une solution entrant dans le cadre de l'adaptation au progrès, pas forcément la seule.

Le principe

Pour une somme modique payée mensuellement l'internaute peut télécharger tout ce qu'il souhaite sans aucune contrainte.

Principe très simple. Reste à voir l'application.

Questions

Des questions auxquelles nos députés devront apporter des réponses si la licence globale devait être confirmée. Autant les aider en apportant nous-mêmes des réponses étayées.

Obligatoire ou optionnelle ?

On serait tenté de répondre optionnelle car, diront certains, à raison, tout le monde ne télécharge pas des films, de la musique, etc. En effet, mais voici pourquoi je suis pour le fait qu'elle soit obligatoire :

  • Si elle est optionnelle il faudra mettre en place pour fliquer l'internaute qui télécharge et qui veut échapper à cette contribution (cela rappelle la redevance pour l'audiovisuel), gérer les internautes en deux catégories, ceux qui souhaitent payer, ceux qui ne le souhaitent pas. Cela légitimerait les FAI à contrôler ce que téléchargent leur abonnés. Finalement tout un dispositif coûteux dans le seul but d'espionner l'internaute. En rendant la licence obligatoire on évite ces dépenses inutiles et on préserve notre vie privée.
  • Une licence obligatoire peut paraître injuste pour celui qui ne télécharge pas. Retournons le problème et une solution appaîtra ! N'est-ce pas là une occasion d'inciter le public à accéder à la culture : « vous contribuez à la création culturelle et pouvez en bénéficier en retour ». Inciter le public à découvrir autre chose que ce que l'on peut voir à la télévision, dans les multiplexes ou entendre sur les radios commerciales. Finalement, inciter le public à utiliser ce vaste et diversifié médium qu'est l'Internet. De plus, découvrir de nouveaux artistes incite généralement à les soutenir en allant les voir en concert, en achetant leurs photos ou tableaux, en allant voir leur film dans une salle de cinéma, ou simplement par le don (par exemple, en tant qu'utilisateur intensif de DotClear, il m'a paru évident de faire un don).
  • N'oublions pas que par nos impôts nous contribuons tous (oui, grâce à la TVA nous contribuons tous) à des actions que ne nous profitent pas directement. Exemple : avec mes impôts locaux je finance en partie l'Olympique de Marseille et pourtant, s'il y a bien un truc dont je me fous, c'est l'OM. Mais j'accepte tout à fait de contribuer aux activités culturelles et sportives de ma ville même si je ne suis pas toujours d'accord avec l'usage qui est fait de l'argent (hein M'sieur Gaudin, un peu plus de pistes cyclables, ce serait sympa...). La municipalité a été élue par le peuple, je respecte donc le suffrage universel.

Quel montant ?

La question est vraiment ouverte et étude économique serait plus à même d'y répondre que moi. Cependant, que pensez-vous de l'idée d'indexer le montant sur le revenu ? Ainsi chacun contribuerait en fonction de ses moyens, réduisant l'aspect injuste que j'induis en soutenant le côté obligatoire de la licence globale.

Comment la répartir ?

Certainement la question qui sera la plus difficile à résoudre et qui provoque le plus de réticences, surtout lorsque l'on sait que le système existant de rétribution de la Sacem est injuste. De plus, n'oublions pas que la Sacem ne concerne que la musique alors que la licence globale doit couvrir tous les domaines culturels, donc également le cinéma, l'image fixe, le logiciel (que l'on me corrige vite si j'oublie des domaines qui devraient êtrre concernés).

Quelques idées d'utilisation de cette manne financière :

  • les collectivités territoriales pourraient financer les concerts de groupes de musique peu connus (désolé pour M. Eddy, mais le carré des musiciens privilégiés n'a pas de raison de profiter de cet argent plus qu'un groupe qui débute) ;
  • produire les films à petit budget (là encore Luc Besson et consorts n'ont pas vraiment besoin de soutien) ;
  • financer des expositions de photos, de peintures, etc. ;
  • soutenir des troupes de théâtre (même si je pense que le théâtre souffre/bénéficie moins de la diffusion sur Internet) ;
  • permettre et maintenir un accès et une utilisation libre aux ressources culturelles (littérature, images, photos, sons, etc.) notamment pour les bibliothèques/médiathèques mais aussi les développeurs (de jeux par exemple), les webmestres, etc.
  • ...

Les commentaires sont là pour vous permettre d'apporter vos idées, contradictoires ou non.

Mise à jour

Je rajoute cet extrait de la tribune de Jérome Relinger, délégué TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) du PCF, publiée dans l'Humanité du 3 février 2006.

Mais ces fonds peuvent-ils, comme le proposent les partisans de la licence globale, être exclusivement issus d’une taxe sur la dizaine de millions d’internautes en haut débit, de l’élargissement aveugle du coût d’un abonnement déjà trop élevé ? Va-t-on, une fois de plus, laisser tranquillement de côté les gains de productivité et les profits permis par le numérique ? L’économie elle-même est dans l’ère du numérique. La majeure partie de la richesse n’est plus tirée de la vente de biens matériels, mais de la commercialisation d’oeuvres de l’esprit, grâce à l’utilisation que les capitalistes font des énormes potentiels de productivité des technologies informationnelles. En France, la productivité apparente du travail a crû de 6 % en 2004 et de 4 % en 2005 dans l’industrie manufacturière. Va-t-on laisser de nouveau la sphère privée seule profiter de ces gains, où n’est-il pas temps, enfin, qu’ils contribuent à l’accès de chacun aux richesses informationnelles ? 500 millions, c’est 50 euros par an de surtaxe pour les abonnés au haut débit, ce qui est beaucoup, et c’est moins de 1 % des profits annuels des entreprises du CAC 40, ce qui est peu.

Révolutionner le droit d’auteur

vendredi 24 février 2006

Comment rendre les DRM efficaces

Un peu d'aguichage...

Jeudi 23 février dans l'émission Divergence Numérique sur la radio associative Divergence-FM (19h-20h20, 93.9 en hertzien sur Montpellier et alentours, et sur Internet partout dans le monde) je tenterai d'imaginer un monde où les DRM seraient efficaces...

En effet, j'avais lu dans le projet de loi Dadvsi première mouture qu'il concernait les DRM efficaces. Voici donc quelques éléments qui pourraient être rajoutés au projet de loi pour atteindre cet objectif et ainsi, peut-être, lui donner tout son sens...

À suivre ici pour ceux qui n'auront pu écouter.

Note : je n'ai pas eu le temps de raconter tout cela à la radio, surtout que des idées me sont venues au fur et à mesure de la rédaction de ce billet.

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